Bon, depuis les débuts du blog, il y a quelque chose dont j'aimerais te parler. Mais il va me falloir trouver les bons mots.
J'aimerais réussir à le faire sans passer pour une extrémiste, marginale, hippie ou atteinte d'une psychose.
Je voudrais que toi, n'importe quelle femme du monde, tu puisses lire ceci et sentir que tu as en toi une force incroyable.

Je voudrais que tu te rappelles que tu sais, qu'au fond de toi, tu peux accoucher sereinement. Que tu as les capacités, aussi invisibles soient-elles, de te connecter à ton bébé. Et de vivre cette rencontre, aussi intense que merveilleuse en étant sereine. Dans un espace-temps à part, unique et propre à cette naissance, cette venue au monde.
J'aimerais que tu puisses te reconnecter à ça, vraiment. Que tu te rappelles que le job de ta sage-femme, c'est d'être avec toi, en équipe, mais que ce jour-là, ça sera toi l'actrice ! Et tu seras superbe dans cet exercice.
Je souhaite que tu saches que, oui, il y a des gynécos, mais qu'ils sont là pour les pathologies, ou les cas d'urgence vitale. Ce n'est pas cette personne qui va t'accoucher. C'est toi qui va le faire, avec ton bébé, et peut-être ton/ta partenaire. Et tu sauras qu'au besoin, il y a le corps médical, mais tu te rappelleras avant tout, que depuis la nuit des temps, les femmes s'accouchent. Toutes seules, ou entre elles. Dans la pénombre, dans le silence. Dans le respect de l'instant unique et presque mystique de ce qui est en train d'arriver : la vie.
De tout cœur, j'espère que durant les 9 mois d'attente sacrés que tu vas vivre, tu puisses te reconnecter à cette force féminine, et que tu puisses croire en toi, et en ton bébé.

Je voudrais que tu te rappelles qu'avant l'invention du lait artificiel, la race humaine a survécu, grâce à l'allaitement. Que la nature n'a pas passé plusieurs millions d'années à bosser sur la lactation humaine en prévoyant une date limite d'utilisation, attendant avec impatience que l'homme invente le lait artificiel.
J'aimerais que tu croies en toi, et en ton bébé. Que tu prennes le temps de lire les bons ouvrages, et de te renseigner aux bonnes sources d'informations pour que tu puisses être convaincue que tu peux le faire. Et que ça ira, malgré les difficultés que tu rencontreras.
Je souhaite aussi te dire que malheureusement, la plupart des professionnels de la santé sont mal (in)formés. Que parfois, c'est toi qui iras leur expliquer leur job. Que de temps en temps, tu vas te buter à certaines idées préconçues.
Développe une confiance à toute épreuve, entoure-toi de soutien et fais respecter tes idées. Je te promets, ça en vaut la peine. Peut-être même que ça te semblera plus facile que ce que tu aurais cru.
De tout cœur, j'espère que tu puisses aller au bout de ton projet d'allaitement. Que ce n'est pas un acte militant ou rétrograde, mais que c'est choisir une voie instinctive et naturelle. C'est dans l'ordre des choses, pour toi, et pour ton bébé.

Je voudrais que tu apprennes à respecter ta petite voix intérieure ou tes tripes ou ton inconscient. Peu importe le nom que tu lui donnes, ton intuition te dira comment agir avec ton bébé.
J'aimerais que tu écoutes, ce petit être, aussi fragile qu'il puisse te sembler, qui saura très bien te faire comprendre les choses, celui qu'on appellera ton bébé. Laisse-toi le temps, dans cette découverte mutuelle. Ne te précipite, ne pense pas qu'il y a urgence à "reprendre le fil de ta vie". Ces premières semaines fileront à une vitesse incroyable, et on ne pourra jamais te rendre ces moments.
Je te souhaite de respecter tes besoins et les siens. Garde ton petit contre toi. Ne t'absente pas. Ne le lache pas des yeux. Regarde-le dormir. Sens-le respirer. Sniffe-le. Profite et écoute-vous !
De tout cœur j'espère que tu ignoreras les fausses croyances et les bons conseils de l'extérieur. Que tu n'en feras pas un insomniaque gâté pourri asocial handicapé moteur. Dors avec lui autant que tu veux, porte-le le plus souvent possible, allaite-le à la demande. Fais-toi confiance. Cette relation en pleine essor, elle est entre ton/ta partenaire, ton bébé et toi.
Ça ne regarde que vous, et n'oublie jamais que ces moments précieux qui filent plus vite que la lumière, personne ne pourra te les rendre. Alors profite, câline, admire, mais surtout, aime de ton être.