Je vous avais déjà parlé du dernier livre d’Ingrid van den Peereboom. Suite à la sortie de son ouvrage, Ingrid reprend la transmission de la transmission du portage. Oui, la formation de monitrices et moniteurs, quoi.

J’ai moi-même participé à cette formation et je voulais te partager mon ressenti, car … je ne m’attendais pas du tout à ça.

PS : je vais essayé de ne pas trop en dire, car il y a quelque chose de magique à découvrir le concret de ce genre de formation par le vécu.

La coanimation

Au niveau pratique, la formation est animée par Marylin et Ingrid. Déjà, c’est un réel plaisir d’être en présence d’un duo, car elles se complètent à merveille, à tout niveau. Ça permet également de voir comment elles incarnent, chacune à leur manière, la transmission du portage. C’est très enrichissant.

J’avais absolument tenu à suivre une formation donnée par Marylin, car lors des ateliers de portage que j’ai pu faire avec elle, elle m’a réellement aidée à reprendre confiance en mes compétences de mère. Ça m’a profondément marquée. Et c’est cette même sensation que j’avais envie de transmettre à mon tour. Les jeunes parents méritent qu’on leur fassent confiance. Qu’on leur disent qu’ils font du bon boulot avec leurs enfants. Qu’ils sont sur la bonne voie.

Exit la position maître-élève et l’infantilisation.

Style de vie continuum

C’est la première formation que je me voyais faire après la naissance d’Elie, car c’est aussi la seule qui me tentait et qui « autorisait » la présence de son bébé. Sur le coup, la maman en moi adorait l’idée, même si l’élève en moi était intriguée.

En fait, on a vécu 6 jours en communauté ou tribu. Et tu sais quoi ? Ça fait un bien fou. Genre, tu peux aller faire pipi en sachant que ton bébé est supervisé par d’autres parents dans la même vague d’éducation que toi. Il y avait beaucoup de respect entre toutes les personnes présentes, et j’y inclus les bébés. La pièce était entièrement adaptée et les bébés/enfants s’occupaient entre eux, pendant que nous, nous échangions.
De plus, à plusieurs reprises on a été amenés à nous tourner vers nos propres émotions, et laisse-moi te dire que les bébés sont de vrais miroirs à ces moments-là.

Les temps de pauses et de midi étaient aussi riches que les heures de formation. Les échangent sont très denses et porteurs. Marylin et Ingrid veillaient d’ailleurs à respecter ces temps quand ils étaient nécessaires.
J’ai réellement été portée par une belle énergie féminine (malgré la présence d’un homme parmi nous) tout au long des 6 jours. Ça a rechargé des batteries que je ne savais même pas vides …

Certains temps de midi me rappelaient drôlement un passage d’une chanson de Babylon Circus :
« Pas une seule miette ne devait rester au fond des plats
On parlait scolarité en mangeant avec les doigts »
« Dans la cours de l’immeuble le dimanche après-midi
Autour d’une tasse de thé, les grands surveillaient les petits
Des accents de couleurs, des tapas, des jus de fruits
Des gosses partout, de la musique et du bruit »

D’ailleurs, ces journées ont été très constructives pour Eleanor aussi, qui a pu baigner dans un groupe d’autres bébés et enfants. L’école de la vie, quoi.

Au cœur des émotions de … soi

C’est la partie qui m’a le plus déroutée. Ingrid et Marylin arrivaient à installer une énergie tout à fait particulière. Enfin, je suis certaine qu’elles me diraient que c’est le groupe qui fait ça. J’en conclus qu’il n’y a pas de hasard, et que personne parmi nous n’avait réellement envie d’apprendre juste des nœuds.

Elles nous invitaient à nous reconnecter à nous, notre corps, notre histoire. Elles m’ont permis de comprendre à quel point mon corps enregistre des informations sensorielles de toutes sortes qui créent et modèlent la femme que je suis au quotidien.

En fait, la formation m’a amenée à mener une réflexion sur moi-même et mon histoire qui me permet de comprendre dans les cellules de mon corps ce que pourraient être amené à vivre des parents que j’accompagnerai en atelier, même s’ils n’en auront pas toujours conscience.

Porte-bébés du monde

On y apprend plus que des nouages. On y apprend le respect de l’histoire individuelle de chacun.  

Et la technique ?

Par moments, mon mental avait un petit goût de trop peu sur cet aspect-là. Mais je pense avoir compris qu’elles nous font confiance. On a reçu les bases lors de ces 6 jours, ensuite, à nous de pratiquer, essayer et tester. À nous de grandir. Elles proposent d’ailleurs que nous nous mettions en contact avec d’autres personnes expérimentées pour les suivre en atelier avant de nous lancer à notre tour.

Le syllabus ayant été envoyé en fin de formation, la prise de note était inutile.

Elles nous ont également encouragés à suivre des formations continues avec d’autres formateurs, histoire d’enrichir notre pratique.

Des petites graines …

J’ai bien sûr reçu une information très globale sur l’animation d’ateliers de portage, mais j’ai aussi beaucoup appris sur moi.

Une réflexion s’est mise en route, et j’ai aussi pu refaire le lien avec mes sensations corporelles.

J’ai repris confiance en moi et en mon intuition. Depuis le premier week-end de formation en mai dernier, j’ai beaucoup cheminé et je sens que la « mue » n’est pas encore terminée.
Elles ont planté des petites graines qui sont seulement en train de germer.

Sans mauvais jeu de mots, ces journées ont été pour moi très porteuses et m’ont beaucoup ap-porté.

Je recommande chaudement cette formation à quiconque souhaite transmettre le portage, que ça soit par des ateliers ou intégrant cet art dans une autre pratique professionnelle.
Elle permet d'aller bien au-delà des nœuds. C'est un cadeau à notre enfant intérieur.

Informations pratiques :

Lien vers la page de la formation

À savoir que Marylin et Ingrid peuvent ouvrir des dates de formations si elles reçoivent plusieurs demande. Donc si tu es intéressé par cette formation, n’hésite pas à les contacter.